GRAYSCALE GEOPOLITICS

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sanja vujacic

Rédactrice en chef

1967. godine Charles de Gaulle poziva Brigitte Bardot u Élyséejsku palaču.
Supruga ga upozorava: “Charles, nemojte ni pomisliti.”
Prekasno.

Lorsque les canaux médiatiques et les détroits maritimes sont assourdis par des échanges croisés de tirs verbaux et d’artillerie, comme ceux observés ces derniers mois entre Trump et l’Iran, ainsi qu’entre Trump et Netanyahou, cela signale souvent qu’un travail intense se déroule en coulisses afin de parvenir à une solution pragmatique permettant de sortir d’une situation délicate dans laquelle les acteurs concernés se sont eux-mêmes engagés — et dont chacun espère sortir en vainqueur.

Dans ce contexte, les parties américaine et iranienne ont annoncé avec fracas un accord de paix-cadre en 14 points, confirmé par voie électronique sous forme de mémorandum d’entente, que chaque camp interprète comme une victoire.

L’ouverture du détroit d’Ormuz est, dans certaines lectures, présentée comme une victoire américaine, alors même que le passage par le détroit était déjà, avant les opérations militaires américano-israéliennes, globalement libre. Si et lorsque son ouverture formelle interviendra, sous la souveraineté de l’Iran et d’Oman, chargés de la sécurité du détroit, l’accord ne prévoit pas de droit de transit classique, mais laisse la possibilité de percevoir des frais liés à la sécurité, à la navigation et à d’autres services maritimes garantissant la libre circulation — une pratique inexistante avant l’opération militaire.

Trump affirme que les objectifs de l’opération ont été atteints, le régime iranien ayant été « décapité ». En réalité, une faction du même régime a simplement été remplacée par une autre. Il soutient également que la question nucléaire sera définitivement réglée, alors qu’elle relevait davantage d’un instrument de pression politique que d’une menace existentielle réelle, notamment dans le contexte de la fatwa contre l’arme nucléaire émise sous Ali Khamenei.

À l’inverse, la question se rouvre après l’élimination ciblée du guide suprême iranien Khamenei, remplacé à ce poste par son fils Mojtaba. Reste à savoir s’il maintiendra la même doctrine ou s’il l’adaptera à un nouvel environnement sécuritaire.

Le mémorandum prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger. En ce qui concerne les réparations de guerre, estimées à 300 milliards de dollars, il ne prévoit aucune indemnisation directe. La partie américaine évoque toutefois la création d’un fonds international de reconstruction et d’investissement. Il est déjà avancé que cette charge financière ne serait pas entièrement supportée par les États-Unis et Israël, mais principalement par les riches monarchies du Golfe, elles-mêmes touchées par les représailles iraniennes liées à la présence de bases militaires américaines sur leur sol.

Dans ce contexte, Israël — allié des États-Unis ayant participé aux frappes coordonnées contre l’Iran — n’est pas signataire du mémorandum, bien que celui-ci prévoie la fin de toutes les opérations militaires au Liban et l’intégration du front libanais dans un cessez-le-feu plus large entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés. Comme le document ne prévoit pas de retrait israélien clair et explicite du sud du Liban, il est probable que l’instabilité se poursuive dans un État libanais déjà profondément fragilisé (failed state).

Netanyahou, de son côté, n’a pas ralenti mais intensifié la colonisation de la Cisjordanie et affirme contrôler environ 65 % de Gaza. Il lui sera politiquement difficile de se retirer du sud du Liban, largement dévasté, avec une volonté manifeste d’empêcher le retour d’environ 300 000 Libanais déplacés.

À l’approche des élections prévues en octobre, Netanyahou a besoin de pouvoir présenter des résultats politiques tangibles — fût-ce sur le plan territorial — d’autant que l’objectif central des opérations militaires israéliennes, à savoir l’établissement d’une hégémonie régionale par la supériorité militaire et la consolidation des accords d’Abraham sous patronage américain, n’a pas encore été atteint.

L’Iran, en définitive, s’est défendu avec succès face à la première puissance militaire mondiale et à Israël, qui s’est révélé vulnérable. Les États-Unis et Israël ont obtenu des succès tactiques, mais l’avantage stratégique est resté du côté iranien — dont les négociateurs n’ont pas été qualifiés par hasard de « smart people » par Trump.

Il est vrai que Netanyahou a encouragé Trump à s’engager dans un conflit avec l’Iran, non pas parce que ce dernier aurait accepté un rôle subalterne, mais par calcul politique. Estimant que les troubles internes affaiblissaient le régime iranien, il pensait qu’une opération militaire pourrait ouvrir la voie à une résolution du dossier moyen-oriental via les accords d’Abraham, un « Conseil pour la paix » et le renforcement de la domination américano-israélienne dans la région.

La relation entre Trump et Netanyahou n’a jamais été totalement harmonieuse. Toutefois, l’influence des groupes de pression pro-israéliens au Congrès américain reste bien réelle et significative, notamment en matière d’aide financière à Israël, ce qui limite la marge de manœuvre de Trump. Dans ce contexte, une réduction notable du soutien américain à Israël passerait difficilement, et à l’approche des élections au Congrès, Trump a également besoin de l’appui de ces mêmes réseaux.

Dans cette perspective, il est plus pertinent que de se focaliser sur la personnalité de Donald Trump de prendre en compte le moment géopolitique critique qui l’a ramené au pouvoir — une recomposition défavorable à l’Occident de l’équilibre mondial. C’est ce contexte qui explique son hyperactivité politique et militaire, ainsi que son action rapide et multidirectionnelle.

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