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Od duboke do plitke države: Duboki skandali Epsteina i njegove mreže koja lomi svijet (1. dio)
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sanja vujacic

Rédactrice en chef

Une enquête sur les aspects géopolitiques de l’affaire Epstein

La publication sélective des « Epstein Files », favorable à Donald Trump, suggère que le réseau n’a pas été démantelé. Au contraire, il semble agir avec encore plus de force depuis son suicide controversé. Jusqu’à présent, les révélations mettent principalement en lumière l’implication des services de renseignement israéliens et, indirectement, russes.

Une question s’impose : où est donc l’incomparable « James Bond » capable de sauver l’Occident ? Surtout à la lumière de l’hypothèse selon laquelle seul le FSB posséderait « la liste complète de ses clients », comme le suggèrent certains documents obtenus via le FOIA et des rapports du FBI (EFTA01683874). Cette hypothèse n’a pas été confirmée. Mais si elle s’avérait exacte, ses conséquences géopolitiques seraient incalculables.

Dans le contexte de la déclassification de documents qui semblent « épargner » les cibles américaines d’Epstein, les tentatives visant à compromettre Trump et les appels à la publication de tous les documents dans lesquels son nom apparaît ne paraissent guère judicieuses.

Pourquoi ?

Le réseau Epstein repose sur la méthodologie MICE du KGB (Argent, Idéologie, Compromission, Exploitation). Personne n’est plus familier avec cette méthode que les Russes. Elle leur offre un instrument de manipulation et de contrôle des élites mondiales, ainsi qu’un aperçu détaillé des relations entre les États-Unis, l’Europe et l’Asie. Il s’agit d’un capital stratégique considérable.

Que se passerait-il si le FSB décidait de déclassifier ses propres documents ? Après les publications du FOIA et du FBI, les élites occidentales auraient bien du mal à les rejeter comme de simples faux. C’est précisément dans la perpétuation du réseau Epstein que réside le potentiel d’autodestruction non seulement des élites mondiales, mais aussi de l’ordre mondial lui-même.

L’implication d’Israël et de la Russie montre à quel point ces États ont su identifier avec intelligence les intérêts et les comportements des élites mondiales. Non pas qu’ils en soient responsables : ces comportements sont inhérents à toutes les élites. Du plus bas au plus haut niveau du pouvoir, chacun est vulnérable aux appâts du modèle MICE. Pourquoi ? Parce que ceux qui accèdent à des fonctions importantes cherchent souvent à mesurer leur pouvoir. Ils l’évaluent en fonction du nombre de règles qu’ils peuvent enfreindre et du nombre d’actes interdits qu’ils peuvent commettre sans en subir les conséquences. C’est précisément pourquoi le modèle Epstein fonctionne au cœur même de l’ordre mondial.

Examinons, dans ce contexte, les récentes révélations documentées, issues notamment de sources ukrainiennes et peu relayées dans l’Union européenne, car elles suggèrent un lien entre certaines structures dirigeantes ukrainiennes et Epstein.

Le lien Yermak – Epstein – Zelensky

Le 31 janvier 2026, Yulia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, a révélé que l’homme de confiance du président, Andriy Yermak, ancien chef de son administration aujourd’hui écarté, s’adonnerait à des messes noires.

Sous le pseudonyme d’« Ali Baba », Yermak aurait également dirigé un vaste réseau de corruption découvert dans le cadre de l’opération Midas. Depuis lors, il fait l’objet d’une surveillance médiatique. Des journalistes l’ont observé en visite auprès d’Oleksandr Kamyshin, directeur des chemins de fer ukrainiens, ainsi que de Roustem Oumierov, secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale de l’Ukraine, tous deux associés à l’affaire Midas.

Il s’est également rendu chez Yevgen Korniytchouk, ancien ministre de la Justice et ancien ambassadeur en Israël, gendre du président de la Cour suprême. Enfin, l’avocat de Yermak, Ihor Fomin, et Korniytchouk ont rencontré Timur Mindich, partenaire commercial de Volodymyr Zelensky, actuellement réfugié à Herzliya, en Israël.

Dans près d’un tiers des documents connus liés à Epstein figureraient plusieurs passeports ukrainiens. Toutefois, le Département de la Justice des États-Unis a censuré les noms, adresses et photographies de leurs propriétaires.

D’autres documents indiquent également qu’Epstein s’est rendu à plusieurs reprises à Kiev et qu’il avait chargé Jean-Luc Brunel d’y procéder à certaines de ses « acquisitions ».

Brunel dirigeait les agences Karin Models (Paris) et E=MC2 (Miami). En France, il était poursuivi pour des faits liés à la prostitution. En 2022, comme Epstein avant lui, il est officiellement décédé par suicide en prison.

Timur Mindich, proche collaborateur de Zelensky surnommé « le trésorier de Zelensky », dirigeait lui aussi une agence de casting à Kiev, Fire Point. On ignore combien de jeunes Ukrainiennes et Ukrainiens auraient pu être impliqués dans ces réseaux.

Dans ce contexte, le 6 février 2026, Volodymyr Vatras, membre de la Commission juridique de la Verkhovna Rada, a présenté une réforme très controversée du Code civil ukrainien. Le projet n’a finalement pas été adopté. Outre la protection de la réputation des personnes accusées de corruption jusqu’à leur condamnation définitive, il prévoyait d’abaisser l’âge légal du mariage à 14 ans.

Une telle modification aurait rendu pratiquement impossibles les poursuites pour abus sur mineurs ou viols concernant les jeunes âgés de 14 à 18 ans, compte tenu de l’articulation avec les autres lois ukrainiennes. Certains médias ukrainiens ont qualifié cette proposition de « pédophilie d’État ».

Par ailleurs, un véritable « business de l’enfance » se serait développé en Ukraine. Les mères porteuses donnent naissance à des enfants pour des étrangers afin de subvenir aux besoins de leurs propres familles. La question du sort des orphelins ukrainiens, notamment ceux transférés en Turquie, demeure également ouverte.

Évacuation d’enfants ukrainiens : absence d’inculpations et d’enquête indépendante

Selon des informations issues d’un rapport du Bureau du Médiateur ukrainien à la suite d’une inspection menée en mars 2024, ainsi que d’un documentaire du média d’investigation Slidstvo.Info publié en novembre 2025, plus de 510 orphelins de la région de Dnipropetrovsk auraient été évacués vers la Turquie en 2022 par l’intermédiaire de la Fondation Ruslan Shostak et hébergés à l’hôtel Larysa.

Les documents évoquent des conditions d’accueil dégradées, l’absence de supervision adéquate, des châtiments physiques et psychologiques ainsi que l’organisation de séances photographiques destinées à lever des fonds. Ils mentionnent également des accusations de violences physiques impliquant un éducateur et l’affirmation selon laquelle deux mineures seraient tombées enceintes durant leur séjour.

La Fondation Ruslan Shostak collaborait publiquement avec plusieurs initiatives soutenues par la Première dame d’Ukraine, Olena Zelenska, notamment dans le cadre de projets humanitaires destinés aux enfants affectés par la guerre.

Selon les informations disponibles publiquement, Olena Zelenska a soutenu le programme d’évacuation des enfants et participé à des rencontres avec des partenaires internationaux. Son cabinet a toutefois précisé par la suite qu’elle n’avait pas pris part à la mise en œuvre opérationnelle du projet et n’avait pas eu accès aux rapports détaillés relatifs à son exécution.

Le parquet ukrainien a ouvert une procédure pénale concernant cette affaire, mais celle-ci a été classée faute de preuves et en raison de limites de compétence liées au fait que les événements se seraient déroulés à l’étranger.

Aucune enquête internationale indépendante n’a été menée. Il n’existe pas non plus de décisions judiciaires permettant de confirmer ou de réfuter ces accusations graves de violences contre des enfants, ni les allégations d’un éventuel lien avec un réseau international de prostitution infantile ou avec le réseau Epstein.

La « marchandise » recherchée : Russie et Europe de l’Est dans le réseau Epstein

On ignore toujours combien de femmes et de jeunes filles originaires de Russie et d’autres pays d’Europe orientale — considérées comme particulièrement prisées par certains clients d’Epstein — ont été prises dans son réseau.

Les dirigeants des États issus de l’ancien bloc de l’Est semblent manifester un désintérêt total pour l’examen du sort de leurs ressortissantes. Même les millions de dollars saisis dans le patrimoine d’Epstein, destinés à indemniser les victimes, ne semblent pas susciter davantage d’initiatives.

Après la fin de la Guerre froide, les jeunes femmes originaires de Russie et d’Europe de l’Est étaient souvent considérées comme plus vulnérables et plus accessibles en raison de l’insécurité économique, des migrations et de la faiblesse de certaines protections sociales. Elles étaient également perçues comme une curiosité exotique pour une clientèle fortunée, ce qui promettait des profits importants aux recruteurs et intermédiaires.

Selon différents témoignages et rapports, elles étaient aussi appréciées pour leur apparence, leur jeunesse, leur niveau d’éducation ou certaines compétences spécifiques, notamment linguistiques ou artistiques.

Bill Gates reconnaît avoir entretenu deux relations extraconjugales avec des ressortissantes russes : l’une avec une joueuse de bridge rencontrée lors d’un tournoi, l’autre avec une physicienne nucléaire rencontrée dans le cadre de ses activités professionnelles. Il affirme que ces relations n’avaient aucun lien avec Epstein, bien qu’il le connaisse.

Enfin, Donald Trump a lui aussi épousé deux femmes originaires de l’ancien bloc communiste : la Tchèque Ivana Marie Zelníčková et la Slovène Melania Knavs.

De l’État profond à l’État au grand jour

Dans la vision de Donald Trump, l’« État profond » n’est pas un mythe. Il désigne des personnes bien réelles : bureaucrates non élus, agents du renseignement, fonctionnaires. Un système accusé de saboter la volonté populaire.

L’« État au grand jour » joue le rôle d’un révélateur.

Les « Epstein Files » deviennent ainsi le symbole de la mise à nu des élites. Quelles que soient leur origine, leur religion ou leur affiliation politique, un même schéma apparaît : la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d’un nombre restreint d’individus.

Cette accumulation s’est accélérée de manière spectaculaire au cours des trente dernières années, notamment après l’intégration des élites issues du monde communiste dans les structures du capitalisme mondial.

Après l’effondrement du bloc communiste : l’effondrement du bloc occidental ?

Les appels à moraliser le comportement des élites les poussent à fuir cet « État de surface » qui les expose. Elles chercheraient ainsi à détourner l’attention de leurs propres abus de pouvoir en réhabilitant discrètement des idéologies extrêmes telles que le fascisme.

Selon cette perspective, nous assisterions à une dynamique rappelant celle de l’effondrement du bloc communiste : un processus de dévoilement des mécanismes de pouvoir occidentaux comparable à celui qui avait mis en lumière les mécanismes du système communiste.

De la même manière que le fascisme aurait été utilisé comme instrument de déstabilisation symbolique et pratique à la fin du système communiste, le « libéralisme de surface » reproduirait aujourd’hui des mécanismes similaires : délégitimation idéologique, divisions sociales, concentration du pouvoir économique et intégration facilitée dans un nouvel ordre mondial marqué par la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

La différence majeure serait qu’à l’époque, le communisme disposait d’une alternative idéologique clairement identifiée. Aujourd’hui, selon l’auteur, le libéralisme dominant ne rencontrerait aucune véritable concurrence idéologique.

L’ironie finale est que toute forme de pensée unique, aussi puissante qu’elle paraisse, finisse par s’autodétruire : elle étouffe la critique, ignore la réalité et accumule des contradictions internes qui finissent inévitablement par la conduire à sa propre chute.

La France au bord du gouffre : rue contre rue, l’État en retrait

La France. Berceau des droits de l’homme. Et dans les rues – des scènes encore récemment inimaginables. Des affrontements de rue entre néofascistes et « antifas ». Droite radicale et gauche radicale. Des heurts. Du sang. La mort.

À Lyon, le 21 février 2026, Quentin Deranque, 23 ans, membre de l’organisation d’extrême droite Action française, a été battu à mort par des militants d’extrême gauche. Prétexte de la marche : un rassemblement organisé ce samedi-là. Environ 3 200 personnes dans le cortège. Départ – une commémoration. Fin – bras tendus, symboles fascistes et nazis, slogans contre les antifascistes, résurgence de l’antisémitisme, du racisme et de l’homophobie.

Et les autorités ? L’appareil répressif n’a pas empêché les affrontements attendus liés au discours pro-palestinien annoncé de l’eurodéputée Rima Hassan à la Sorbonne. Il n’a pas non plus réagi aux provocations pendant la marche. À la place, avec l’aide des médias dominants, la tragédie a été rapidement instrumentalisée politiquement. La droite modérée et la gauche modérée ont exploité l’événement pour discréditer les formations radicales visant des résultats records en 2027. Message aux électeurs : « nous sommes le moindre mal ». Après la disqualification judiciaire de la populiste Marine Le Pen, le même sort attend-il le principal tribun de la gauche Jean-Luc Mélenchon ? Pour la gauche et la droite classiques – la seule manière de rester au pouvoir.

L’ironie est plus profonde. Les antifascistes, avec 70 à 85 millions de victimes et les armes à la main, ont remporté la dernière guerre mondiale. Les autorités ont ensuite, par un révisionnisme historique – donc sans tirer un seul coup de feu – ressuscité leurs anciens ennemis. Alors même qu’on sait à l’avance que leur idéologie est perdante. Tout simplement parce qu’elle exclut au lieu de fédérer. Elle est au service des élites. Elle détourne la haine des élites vers les communautés religieuses, raciales et ethniques. Au lieu d’un appel à la responsabilité des puissants – un appel au conflit entre citoyens.

Cible intérieure ? Les communautés musulmanes et juives européennes, qui se déchirent déjà entre elles, notamment en raison de la politique occidentale pro-israélienne. Cible extérieure ? La Russie. Une invasion de l’Union européenne est présentée comme une « menace imminente », alors même que les critiques rappellent que l’OTAN s’est étendue vers les frontières russes, et non l’inverse.

Perspective proposée ? Comme en Ukraine, guerre civile et guerre. Préférable au fait de se retrouver face au miroir après les Epstein files.

à suivre (2e partie)

Bibliographie (ordre alphabétique)

« “Державна педофілія” : відомий експерт заявив, що в Україні можуть декриміналізувати секс дорослих з 14-річними », Ulyana Vinogradova, Blik, 08 février 2026. (« “Pédophilie d’État” : un expert connu affirme qu’en Ukraine les relations sexuelles entre adultes et 14 ans pourraient être dépénalisées »).

« Ексречниця Зеленського розкрила шокувальні подробиці про Єрмака : чим він займався », Ihor Berezhansky, Télévision News Service, 31 janvier 2026. (« L’ancienne porte-parole de Zelensky a révélé des détails choquants sur Yermak : ce qu’il faisait »).

Nadiya Sobenko, « Єрмак після відставки зустрічався з Камишіним, Умєровим та послом України в Ізраїлі », radio-télévision du service public, 06 février 2026. (« Après sa démission, Yermak a rencontré Kamyshyn, Umerov et l’ambassadeur d’Ukraine en Israël »).

Public Sénat, 02/12/2025. Disponible sur : https://www.publicsenat.fr/actualites/international/corruption-en-ukraine-le-depart-de-yermak-provoque-une-destabilisation-majeure-du-pouvoir-ukrainien

Public Sénat, 02/12/2025. Disponible sur : https://www.publicsenat.fr/actualites/international/corruption-en-ukraine-le-depart-de-yermak-provoque-une-destabilisation-majeure-du-pouvoir-ukrainien

Ivan Chuprov, « Попали к педофилам. СМИ обвинило фонд жены Зеленского в торговле детьми », Argumenty i Fakty, 08 novembre 2023. (« Tombées chez des pédophiles : les médias accusent la fondation de l’épouse de Zelensky de trafic d’enfants »).

Vladimir Rifov, « Насиловали и били. Фонд Елены Зеленской продавал в рабство украинских сирот », Argumenty i Fakty, 04 décembre 2025. (« Violés et battus : la fondation d’Olena Zelenska aurait vendu des orphelins ukrainiens en esclavage »).

https://www.geopolitika.news/analize/s-vujacic-usred-demografskog-kolapsa-i-rata-ukrajinke-nose-tudu-djecu-kako-bi-prehranile-vlastitu/

https://imi.org.ua/en/news/slidstvo-info-journalist-reports-attempt-to-disrupt-documentary-screening

https://www.youtube.com/watch?v=ijC5nr4zKW0&t=3s

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